Culture Marche à pieds

JOUR 11 – 28 juin – E que s’apelerio Figeac

novembre 3, 2020

Decazeville – Figeac : 33km

Direction la croisée des chemins !

Aujourd’hui, grosse étape de 33km pour rejoindre Figeac, qui est un point charnière du chemin. En effet, il sera possible de choisir entre 3 voies :

  • le GR65 traditionnel : il me semble que c’est la voie la plus choisie ; au vu du contexte et avec le coronavirus, il y’a cependant peu de risque de voir foule
  • la voie de Rocamadour : très connue pour Rocamadour justement, qui se situe environ à mi-chemin ; il faut compter un jour de marche supplémentaire
  • la voie du Célé : encore peu connue, cette voie est la plus récente ; elle permet de suivre le fleuve du Célé – étonnant non ? – et il serait même possible de faire quelques étapes en canoé

J’ai déjà du mal à choisir un plat sur la carte, autant vous dire que je ne sais pas du tout quel chemin prendre. Il sera toujours possible de choisir en court de route. Ou que quelqu’un choisisse pour moi, comme ça se passe quand je suis au restaurant.


Attention montées méchantes

Je marche avec Nicolas. Christian nous avait parlé d’une montée directement en sortant de Décazeville. Et quelle montée ! C’est la plus abrupte, et pas la dernière de la journée. J’avais acheté avant de partir un Miam Miam Dodo – un topoguide – pour connaître les dénivelés, mais depuis quelques jours je me laisse guider. Ce qui me vaut quelques surprises, et ce n’est pas désagréable.

La première ville se situe à 4km environ de marche – qu’on a effectué en un temps record – c’est Livinhac-Le-Haut, on y accède après une jolie forêt et quelques descentes. L’arrivée se fait en longeant le Lot. C’est ici que nos camarades marcheurs de la veille se sont arrêtés pour éviter Décazeville et avoir quelques kilomètres en moins au compteur d’aujourd’hui.

Nous recevons des encouragements de la part de plusieurs autochtones, et je me fais gentiment chamaillé par Nicolas parce que je discute avec tout le monde. C’est vrai qu’il commence à faire chaud, nous sommes partis plutôt tard. Si je suis génétiquement toujours en retard, je soupçonne Nicolas d’être génétiquement jamais prêt…


Le gang de Montredon

Le paysage se compose de champs et de prairies en grosse majorité. Les montées reprennent et durent jusqu’à Montredon, capitale mondiale de….de rien de particulier mais j’y ai bien rigolé. Le village est vide mais nous découvrons un accueil pèlerin, ce qui nous permet de faire une pause très appréciable et nécessaire. Assez rares car sans doute fermés en raison de la situation, nous trouvons dans ce refuge de quoi boire – cafés, thés, sirops – et nous sustenter. Mais ça devient une habitude, on traîne et il reste encore beaucoup de kilomètres à parcourir. La reprise est compliquée.


Nous traversons majoritairement des champs et quelques vignes, de façon générale beaucoup de verdures. J’en profite pour apprendre à reconnaître certains arbres, et je me rends compte que ma culture dendrologique – la science des arbres – est très limitée. Mais je suis de bonne volonté.

La recherche d’un coin repas les pieds dans l’eau se révèle infructueuse, et poussés par la faim nous arrivons au niveau d’un stade qui marque l’entrée à St-Félix. Ce sont majoritairement des restes de la veille, c’est encore meilleur ! Même sans couverts. Mickael nous rejoint pour quelques minutes, il veut discuter avec nous et apprendre à nous connaître ; il repart mais nous attendra un peu plus loin. Il est très enjoué, son sourire fait du bien.


Figeac, dernier arrêt

La pause, encore une fois, dure longtemps. Je manque de m’endormir, il faut déjà repartir. La chaleur s’intensifie et je commence à fatiguer.

Nous retrouvons Mickael qui nous apporte un vent de fraîcheur. Il est très curieux et nous parlons sincèrement de nos vies et des choix de chacun. Il pense que les gens qui marchent sur Compostelle, quelques jours ou deux mois, ont quasiment tous traversé une situation difficile. Et comme une nouvelle habitude, dès que je suis lancée dans une conversation, je me perds. Des autochtones nous aident, mais nous nous sommes bien trompés. Adieu les champs sur quelques kilomètres, et bonjour chemin de béton et fatigue. A 2km de l’arrivée, on aperçoit la ville au loin et la vue est très jolie. Après une – courte ! – pause, nous terminons notre périple. Mickael a un gîte au centre de Figeac, nous essaierons de nous retrouver plus tard.


Le pas si loin n’est pas à côté

J’ai trouvé tant bien que mal dans l’après-midi un gîte situé à 1,5km environ avant Figeac, le Pas si loin, principalement parce que les gîtes dans le centre affichent complet. L’endroit est très calme, à demi dans la forêt et le lieu est vide : nous ne serons que deux à y dormir. Royal !

Mais la situation est étrange, j’ai été très étonnée par le discours ‘laxiste’ du gérant, que nous ne verrons que le lendemain, enfin peut être pas. Par exemple, il ne tient pas plus que ça à ce qu’on paie pour dormir, ce qui est assez étonnant pour une personne qui propose un service comme celui-ci. Mystère à éclaircir !

Quelques photos du gîte, il y’a également un immense jardin que j’ai oublié de prendre en photo :


A la découverte de Figeac…et de ses bars

Après la douche qui régénère, je suis plutôt en forme mais j’ai faim. Nous hésitons à parcourir Figeac, mais ce serait dommage, et j’aimerais retrouver nos camarades marcheurs qui sont déjà sur place depuis un moment. Nos jambes sont lourdes, mais la bonne humeur est là. Pour arriver dans le centre, il faut longer une rivière ; nous ne croisons strictement personne jusqu’au centre. Le coeur de la ville est une grande place sur laquelle Mickael nous rejoint. Un Picon plus tard, nous sommes rejoints par Anne, Julien et Anna ; l’occasion de reprendre un Picon !

Il commence à être tard et nous n’avons avec Nicolas pas encore mangés. Ce sera burgers arrosés d’une bonne bouteille dans un restaurant qui vient d’ouvrir à côté de la place où nous étions. Le plus dur reste à venir : rentrer ! Mes souvenirs sont flous, je me souviens avoir beaucoup ri, et de m’être endormie plus que facilement.


Les photos dont je ne sais pas quoi faire sont par ici :

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