Brengues Célé
Culture Marche à pieds

JOUR 14 – 1er juillet – Le kayak tombe à l’eau

janvier 13, 2021

JOUR 14 – Corn – Brengues : 9km

9km à pieds, ça n’use pas les souliers

Pendant notre court séjour de la veille à Corn, on a commencé à regarder des prospectus et sur internet pour voir les possibilités de faire du kayak. Parce que finalement, il n’y a pas énormément d’étapes sur la voie du Célé et ce serait dommage de rater cette opportunité.

Le Célé est une rivière de 104km environ. C’est un confluent du Lot qui traverse les régions d’Auvergne-Rhône-Alpes et d’Occitanie. Il termine sa course à Bouziès, près de Saint-Cirq-Lapopie. Mais on y est pas encore. L’alternative du Célé comme chemin vers Compostelle est de plus en plus prisée pour ses chemins sauvages et calcaires. Il est enfin très peu fréquenté : les marcheurs – puristes souvent – tiennent à rester sur le GR65 traditionnel.

Aujourd’hui, l’idée c’est donc de marcher environ 9 kilomètres jusqu’au village de Brengues. Rendez-vous a été pris pour le début d’après-midi avec Passion Aventure – youhou ! – une entreprise spécialisée dans les activités de plein air pour récupérer les kayaks.

Comme d’habitude nous partons assez tard, mais cette fois-ci c’est ma faute. Mes vêtements, lavés la veille sont encore trempés…Rassurez-moi, ça vous arrive de faire des choses dont vous connaissez à l’avance le résultat – mauvais – et de le faire quand même ?


Blanche Neige et la pélerine : pause à Espagnac Sainte Eulalie

Sur les quelques kilomètres à parcourir à pieds, les chemins de terre montent et descendent et les cailloux sont casse-chevilles : tout ce que j’aime. Vraiment. Avec la mousse qui recouvrent parfois les arbres, j’ai l’impression d’être dans un conte de fées type Blanche-Neige quand elle est relâchée dans la forêt par le chasseur qui devait rapporter son coeur à la reine.

On croise peu voire pas d’habitation jusqu’à Espagnac-Sainte-Eulalie, seulement quelques ruines. Une fois arrivés au village, je suis impressionnée par le lieu. Plus encore qu’ à Corn, j’ai l’impression d’être restée coincée au Moyen Age. Espagnac semble être perdu dans la Vallée, et il est plus que difficile de croiser des habitants.

Par contre, il y’a des murailles fortifiées, des maisons à colombages et des églises. Nous croisons un panneau indiquant une sorte de buvette, nous le suivons, il mène au prieuré du Val Paradis. Deux touristes sont déjà installés mais…tout est fermé. Dommage. Le lieu est beau, on y fera quand même une pause avant d’affronter les falaises.



Je me suis fait tout petit devant une falaise ♫

Nous sortons du village par un pont qui sera le seul élément de béton du chemin. Il est approximativement 11h30, la chaleur est là, agrémentée de nuages. Je ne suis pas une spécialiste, mais ça sent la pluie. Un panneau après le pont nous indique les kilomètres restants jusqu’à Santiago : 1236 !


Deux chemins nous sont proposés, mais un seul va à Brengues, et ça grimpe. Nous rentrons dans la forêt à nouveau et plus on monte, plus on devine un futur point de vue incroyable sur la vallée. Arrivée en hauteur, c’est plus que ça : un chemin étroit est présent mais j’ai l’impression d’être la première à marcher ici. Les falaises en face, la végétation belle et sauvage, le vide alentour et Nicolas qui chante – pas trop mal en plus – du Brassens dans mon dos : c’est une belle journée.

Dans l’entre deux que constituent ce chemin et les falaises, on replonge dans la forêt et on découvre deux puits d’un autre âge et le Château des Anglais. Le monument date du 12ème, il devait constituer une place stratégique pour la défense de la Vallée. Cependant selon ce que j’ai pu lire, le château n’a d’anglais que le nom ; la fortification n’a jamais été prise par nos voisins d’outre-Manche.

A toute montée une descente, qui se fera donc le long des falaises. Au loin on commence à apercevoir le village de Brengues.


Brengues : repas copieux et alerte orange

Nous arrivons à Brengues – qui se prononce ‘Bringues’ – contents, parce qu’on devrait bientôt faire du kayak. Le ciel est gris, ce qui a le désavantage de rendre le village assez triste. Nous avons encore du temps devant nous, et super faim. Un nouveau panneau indique une boulangerie, mais le village, encore une fois, a l’air désert. J’aurais dû suivre un Mooc en chasse et pêche avant de partir, je le savais !

Finalement c’est le Graal lui-même qui nous attend au bout du panneau : on trouve regroupés sur ce qui doit être la place principale du village une boulangerie, qui fait épicerie et Poste, collée à un restaurant. On s’installe dans le restaurant, toujours contents, jusqu’à ce qu’il commence à pleuvoir. Beaucoup.


Au bout d’une heure la pluie s’éternise, elle se transforme en orage niveau orange : le kayak est remis au lendemain. Après quelques hésitations, et surtout pas envie de remarcher dans ces conditions, je trouve un gîte dans le village. Il est tôt, nous sommes seuls et la douche est chaude. Je suis un peu frustrée de ne pas avoir marché davantage, mais c’est l’occasion de dormir dans un vrai lit et de prendre du temps pour moi.

Après un repas frugal et un peu arrosé, je m’endors paisiblement sans savoir que j’ai sans doute ratée LA soirée de l’année.


Les photos dont je ne sais pas quoi faire sont par ici :

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