Culture Marche à pieds Voyage

JOUR 18 – 5 juillet – Un jour sans fin

mai 29, 2021
Compostelle Vallée du Célé / Saint-Cirq Lapopie – retour à Bouziès – Pasturat : 12km ?
On avance, on recule : retour à Bouziès

Ce matin, il fait frais dans le camping mais j’ai étonnamment bien dormi sous mes couches de vêtements. J’aimerais partir un peu plus tôt que d’habitude, sous la barre des 10h. C’est ce que l’on fait. Le détour d’hier a pour conséquence de nous faire repartir sur nos pas de la veille.

On ne prend pas le GR sportif pour démarrer, surtout parce qu’on ne le retrouve pas. Le ciel ce matin est d’un bleu à deux nuances : le trajet, même déjà parcouru la veille, est beau mais d’une autre façon.

On avale les 4km facilement, assez vite pour se dire qu’on peut refaire une pause exactement au même endroit à Bouziès.



Sous le soleil exactement

Et c’est une erreur. A force de faire systématiquement des pauses aussi longues on se retrouve bloqués par la chaleur. Lorsqu’on se décide à reprendre le soleil cogne, et je sais qu’on va trimer tout l’après-midi.

L’étape est plate et ne possède pas de difficulté topographique : un peu de forêt d’abord, des sentiers boisés. Leur aspect me rappelle les forêts d’Espagnac-Sainte-Eulalie.

On longe ensuite des champs, et à l’heure qu’il est nous sommes hélas du côté non ombragé. Parfois on trouve des points d’eau accessibles, mais je fais du forcing pour faire une courte pause et avancer.



Tom et Géry

Quand j’ai réservé en début de matinée, notre hôte nous a conseillé de faire un détour par Saint-Géry si nous souhaitions faire des provisions. A Pasturat, notre destination, il n’y a pas de structure ouverte. Variable de taille, nous sommes dimanche.

Saint-Géry est un détour de 2km, soit objectivement pas grand chose. Pourtant j’ai l’impression que le seul kilomètre qui nous relie au village dure 10km, il n’y a toujours pas d’ombre et on croise pas mal de bâtiments désaffectés. Le chemin est désertique, le mot désertique me fait penser à la chaleur. J’ai chaud !



Finalement, Saint-Géry n’est pas immense, mais il y’a un point de retrait, quelques commerces et un restaurant. Nicolas en profite pour faire le plein de crustacés, je fais le plein de bières. Ce qui me désaltère sur le moment devient – on s’en doutait – handicapant sous le poids de la chaleur.


Le relais de Pasturat

Pasturat n’est plus très loin et le chemin devient plus ombragé. c’est bon signe. Et nous y arrivons, heureux d’avoir pu réserver avant car il n’y a pas d’autre gîte ouvert. Se rendre directement à Cahors aurait été suicidaire.

Nous visitons l’église de la commune puis direction ‘Le relais de Pasturat’ où nous poserons nos affaires pour la nuit. Les hôtes ne sont pas encore arrivés mais on peut profiter du jardin en les attendant. C’est très grand et la piscine est la deuxième chose que je vois. Elle nous nargue. La première, ce sont trois chats qui nous accueillent devant l’entrée du gîte.

Je reste étonnée devant les chaînes qui sont posées devant le gîte. J’apprendrai un peu plus tard qu’elles existent pour empêcher les pèlerins de rentrer dans le gîte quand les hôtes ne sont pas présents.



L’hôte sur Compostelle : marchant ou marchand ?

La suite et fin de cette journée est calme. L’endroit est grand et bien fait, il est encore tôt. Je profite de la fraîcheur de la chambre pour écrire, pendant que Nicolas et deux jeunes hommes arrivés entre temps profitent de la piscine.

Nous choisissons exceptionnellement une demi-pension, pour mettre les pieds sous la table. La demi-pension, c’est avoir un repas complet – entrée, plat, dessert et parfois du vin – préparé par l’hôte. Il y’a de tout, et parfois on tombe sur de bonnes surprises, parfois moins. Ce soir le repas est bon mais millimétré, pas de rab.

La fatigue joue peut-être mais je ne parviens pas a créer une relation amicale avec nos hôtes. Je suis naïvement étonnée que beaucoup des personnes qui accueillent sur Compostelle soit n’ont jamais fait même une portion du GR, soit ne marchent pas vraiment. La rançon pécunière sur le chemin en belle saison est élevée ; ce soir je le ressens et ça gâche – un peu – le repas.

Mais dans ma tête j’avance : demain est une journée importante, nous allons à Cahors. L’étape est plus longue que ces derniers jours cumulés mais j’ai hâte de découvrir la ville.

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