Culture Marche à pieds

JOUR 2 – 19 juin -Toc toc toc, qui est là ? La Bête du Gévaudan.

juin 24, 2020
St-Privat d’Allier – Saugues : 19km

Deuxième jour, debout aux aurores. J’ai découvert quelque chose que je ne faisais jamais en marchant, ou rarement : regarder en arrière ! La nature est aussi très jolie de dos.

Je démarre tranquillement avec la petite commune de Rochegude. Anciennement dotée d’un château, il ne reste aujourd’hui qu’une tour et une chapelle dédiée à St-Jacques. Le terrain de jeu d’aujourd’hui commence par de la descente et des routes en béton. Mais ce jeu en vaut vraiment la chandelle à l’arrivée dans la commune de Monistrol d’Allier.

Le ciel bleu azur peut être, le côté ancien temps surement, font que je suis vraiment tombée sous le charme de cette commune. L’église – oui vous avez et allez avaler beaucoup d’églises – est belle mais fermée ; et il existe le pont de l’Allier qui a été construit par un certain Gustave Eiffel.


Une étape redoutée par les pèlerins

Mais le pire semble à venir. Hier les pèlerins déjà rodés à l’exercice avaient mentionné cette étape comme très difficile car quasiment toujours en montée. Avec un dénivelé passant de 600 à 1200m, elle l’était. Mais j’ai adoré ! 4 heures de pur effort, propre, et des passages à l’état presque gazeux, car le liquide avait séché. J’étais aussi contente que ça se termine une fois passée la petite bourgade de Montaure, après l’atypique chapelle troglodyte (= creusée dans la roche)

La chapelle troglodyte

A Montaure j’ai croisé un vendeur de ‘pains montagnards’ faits maison : ce sont des pains sucrés faits à partir de différents fruits. C’est exactement ce qu’il me faut pour mes pauses de midi, car je ne déjeune pas mais je prends des forces par le sucre. Ce dernier m’a appris que la fleur ci-dessous – dont encore une fois je ne connais pas le nom – pouvait être effritée et servir d’équivalent aux herbes de Provence. Ça sent quand même un peu la lavande.

Par la suite, c’est un défilé de vues magnifiques jusqu’à la commune de Saugues, qui marque l’entrée dans le territoire de la bête du Gévaudan * avec une statut en bois de la bête (elle a des mamelles !) qui scrute avec nous la commune. Saugues est une ville médiévale, reconnue pour son église – original non ? – , sa tour carrée et la collégiale St-Médard. Dans l’église j’ai d’ailleurs cru que le fameux St-Médard allait s’animer (voir ci-dessous)

*La Bête du Gévaudan est un animal plus ou moins légendaire qui a fait environ une centaine de victimes – morts ou blessés – dans la région du Gévaudan. Les faits se sont déroulés sous le règne de Louis XV, entre 1764 et 1767. Homme, loup, hyène…beaucoup de suppositions ont été faites sur sa nature. Un émissaire du roi aurait réussi à attraper et tuer la Bête ; un enfant du village l’aurait vraiment tué. La légende née de ces massacres est restée et nombreux sont encore aujourd’hui les ouvrages ou articles à se pencher sur ce sujet passionnant.

La commune vit clairement de cette légende, avec des références à la bête omniprésentes. Peut-être s’agit-il d’une façon de conjurer le mauvais sort et de l’empêcher de revenir ?

J’ai dormi dans un centre d’hébergement qui n’avait par contre rien de médiéval : plutôt centre de vacances avec des protocoles renforcés et des restrictions suite au Covid. Et pour la seconde fois, une augmentation de tarif pour un service moindre. C’est dommage.

J’ai plutôt mal dormi la nuit précédente, pas de sortie tardive pour moi ce soir. Je me couche lessivée, et un peu triste car je viens d’apprendre qu’un pèlerin rencontré la veille est à l’hôpital ; sans plus de détail, mais ce serait en rapport avec le chemin du jour.


Anecdote 3 : les Cairn ou Kairn

Parfois on rencontre sur le chemin – mais pas que – des monticules de plus ou moins gros cailloux sur le chemin. Non, malgré l’envie il ne faut pas shooter dedans. Non ? Mais alors, à quoi servent-ils si on ne peut pas s’amuser ?

Sous la forme souvent d’une pyramide, à force de les placer les uns sur les autres, ils sont créés à l’initiative des marcheurs. Ils servent à baliser le chemin, lorsque la signalisation n’est pas optimale : éboulis, passages rocailleux, étroits…

Enfin, pourquoi ce nom barbare ? Cairn ou Kairn viendrait du mot écossais ‘càrn’, qui symbolise un amoncellement de pierres.

Les photos dont je ne sais pas quoi faire sont par ici :

3 Comments

  • Reply
    Léa
    juin 24, 2020 at 7:45

    C’est beauuu ça donne envie de partir en vacances ! Merci de suer pour nous 😉

  • Reply
    Farandolle
    juin 29, 2020 at 2:17

    La fameuse bête de Gévaudan dont tu m’avais parlé 😁

  • Reply
    Carreaux
    juillet 2, 2020 at 6:05

    J’ai vécu une deuxième fois cette partie du périple de St Jacques… la seule étape que j’ai fait ^^ Merci 🙂
    Quand j’y étais il y avait un festival en ce nom… Sacré be bête !

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