Culture Marche à pieds

JOUR 21 – 8 juillet – Lauzerte en passant par Montcuq

juillet 29, 2021

Compostelle GR65 / Lascabanes – Lauzerte : 23km

En avant Tarn !

Je me lève vers 6h30. Il fait encore nuit quand je me rends dans la cuisine et Paul est déjà debout. J’ai hâte de prendre le petit-déjeuner très complet que j’avais aperçu en me couchant. Vive la demi-pension en bio ! Accessoirement, j’espère aussi prendre le temps d’organiser la journée. Même si j’apprécie beaucoup les surprises du chemin. J’apprends par exemple que nous allons doucement entrer dans le Tarn et Garonne. Pouce levé.

Les garçons nous rejoignent. Je change un peu mes habitudes, Nicolas souhaite potentiellement rester à Lascabanes, en tout cas il hésite. Quant à Stéphane, il n’est pas forcément un lève-tôt, ou tout du moins il prend le temps de faire comme il veut. C’est respectable. Je ferai le trajet avec Paul aujourd’hui.

Difficile de dire au revoir à un gîte comme celui-ci, mais il faut avancer. Nous quittons nos hôtes et nos compères vers 9h, je sens que le rythme sera – très – différent des derniers jours.


J’ai mauvaise réputation

Après 2km de marche sur terrain plat, nous entamons un sentier étroit qui monte dans la forêt. Il fait encore frais, c’est bien ombragé. De façon générale et sur toute la journée, il ne devrait pas y avoir de grande difficulté. Mais c’est la chaleur – j’ai l’impression d’être un disque rayé – qui rend les quelques montées et descentes plus prégnantes.

Comme la veille, nous marchons principalement sur de longs chemins blancs à travers champs ; je note un peu plus de forêt et ainsi une chaleur moins écrasante. Neuf kilomètres environ après notre départ, nous allons arriver dans la ville de Montcuq. Je ne sais pas forcément à quoi m’attendre en arrivant dans cette ville. Sa réputation la précède, associée à un côté beauf et des blagues potaches. Ce qui obscurcit implicitement des informations comme l’histoire ou l’architecture de la ville par exemple.



Montcuq : une jolie ville médiévale

Et non, pas de cartes postales graveleuses à chaque coin de rue – même si la ville vit un peu de cela sans doute – ou de gens les fesses à l’air ! La ville de Montcuq est une cité d’origine romaine et on y arrive par des rues pavées de type médiéval. Les maisons me font beaucoup penser aux maisons à colombages alsaciennes. C’est charmant. Hélas je ne prendrai pas vraiment le temps de tout visiter, et je ne verrai ‘que’ ce que le chemin veut bien me montrer.

En me renseignant un peu sur l’origine, j’apprends que Montcuq est un nom occitan, qui se prononce à la gasconne ‘mont-kuk’. Mont vient de Montis, qui veut dire la colline. Le préfixe a la même signification pour des villes comme Montauban, Mont-de-Marsan, Montpellier par exemple. Et -cuq ou -kuk a une origine celtique et à trait à une hauteur, un surplomb.

En arrivant nous croisons une femme de ménage qui, très patiente et par habitude, nous explique où nous pouvons trouver des panneaux de la ville. Oui parce que malgré tout ce que j’ai dis plus haut, je suis aujourd’hui la photographe personnelle de Paul, qui souhaite envoyer une photo à ses ami.e.s devant un panneau. Responsable mais pas coupable ?


Photos tirées du site Montcuq-en-Quercy-Blanc (tourisme-lot.com)


Mais avant de se lancer loupe à la main dans cette quête, on cherche un café. Facile, le chemin passe par le poumon du village – une grande place et des cafés donc. J’y retrouve Stéphanie, croisée à Cahors avec Nicolas et Yahn. Je rencontre également Nathalie, qui tient un journal de bord de toutes les personnes qu’elle rencontre. Paul le fait également en y ajoutant des surnoms.

Nous repartons hauts les cœurs en direction de notre mission, qui va nous valoir un léger détour à côté d’une départementale. Ci-dessous donc le fameux panneau. Par respect pour Paul et même si je suis persuadée qu’il accepterait, je préfère cacher la seconde partie de la photo.



Pause à Rouillac

A la sortie de Montcuq, la chaleur est bien présente, et il est temps de faire une pause. Arrivé.e.s à Rouillac, nous décidons de profiter de la fraicheur de son église. Devant celle-ci le seul banc croisé depuis le départ de Lascabanes est occupé par un couple très drôle qui nous propose de terminer leur bouteille de vin rouge. Nous refusons cordialement, il fait chaud.

Cinq cent mètres plus tard, nous trouvons un arbre suffisamment grand pour nous protéger du soleil pendant notre pause-déjeuner. L’occasion de recroiser le même couple, qui nous repropose leur bouteille. Nous refusons toujours, plus par courtoisie.

Je profite du moment pour rechercher un gîte pour la nuit. Mais à Lauzerte et sur internet, tout est complet, ou trop cher pour ma bourse. Pas de stress à l’horizon, une solution va forcément se proposer.



Red is now dead

Nous repartons. Je découvre Paul que la chaleur rend heureux et actif, et qui chante. Ce n’est pas tout à fait juste mais c’est drôle. Montlauzun marque officiellement notre entrée dans le Tarn et Garonne, où nous tombons sur un accueil pèlerin.

Souvent dans ce type de lieu, en tout cas cette année, il n’y a personne. Par contre vous y trouvez souvent de quoi vous hydrater, voire de quoi manger. L’idée est bien sûr de laisser quelque chose en fonction de ses moyens pour remercier les gens très sympas qui ont mis à disposition tout ça. De l’argent, ou à boire et à manger si c’est ce que tu peux laisser.

Et croyez-le ou non, on retrouve non pas le couple croisé deux fois à Rouillac, mais leur bouteille. Et cette fois-ci plus d’hésitation à avoir !



L’arrivée à Lauzerte

A 1km à peine de Lauzerte – tout du moins de son panneau – on trouve une fontaine salvatrice et un banc à nouveau occupé par Stéphanie et Nathalie. En discutant, j’évoque le fait que je n’ai pas de gîte. Stéphanie nous donne un nom que je n’ai pas du tout trouvé sur internet : l’Abeille Lulu. Et grâce à elle, le problème est résolu en 5 minutes.

La descente qui suit est raide, je n’ose pas imaginer la parcourir sous la pluie. Une rembarde en carton tient lieu de seul appui, je m’appuie sur Paul qui est un peu plus costaud. En bas de la descente, on se rend compte que Lauzerte est en hauteur.




C’est d’abord la périphérie de Lauzerte qui nous accueille, avec quelques commerces dans lesquels on ne s’arrête pas. La montée que j’aperçois me fatigue d’un coup, Paul trouve l’énergie de me porter sur une vingtaine de mètres, ce qui a pour effet de me faire rire et de me remotiver pour le dernier effort. Nous passons à côté de nombreux gîtes, mais pas d’ Abeille Lulu en vue. Pour l’instant l’objectif est de trouver un bar et de quoi se rafraîchir.

Lauzerte est une cité médiévale, comme Montcuq. On devrait en croiser de plus en plus ces prochains jours. La ville est ce qu’on appelle un oppidum d’origine gauloise. C’est un habitat – ici une ville – qui est fortifié ; la fortification est naturelle car Lauzerte est en hauteur ; et humaine avec la présence de remparts.



Nous arrivons en état de liquéfaction avancée dans une ville très accueillante. Les rues montent et descendent, il y’a du monde aux terrasses et une bonne ambiance générale. Nous avançons presque instinctivement jusqu’à arriver sur la belle place des Corbières, entourée d’arcades.

Nous y retrouvons Nadav, croisé à Cahors, et faisons la rencontre de Pauline et Thibaut, un couple d’ami.e.s. Ils viennent des environs de Nantes et marchent pendant une petite semaine. Quelques bières plus tard Stéphanie nous rejoint, je lui paie une bière pour la remercier pour le gîte. Elle me rappelle alors qu’il faut si possible être au gîte pour poser nos affaires avant 19h. Il est quasiment 19h, nous filons à travers les rues de Lauzerte rejoindre notre hôte Nicole.


Photos extraites de ce site, je n’ai pas pris du tout le temps de faire des photos.


Dans la ruche de l’Abeille

Et l’accueil est impeccable. Nicole, qui gère lAbeille Lulu est aux petits soins, elle travaille de nuit mais prend le temps et de nous donner une sorte de goûter maison et de nous expliquer le nécessaire pour passer un bon moment. Nous serons trois au total, encore une fois c’est un luxe d’avoir une chambre pour soi. On se perdrait dans cet espace immense et bien équipé. Le jardin lui aussi très grand est bien exposé, idéal pour – enfin – faire sécher son linge correctement.

Logo et tampon de l’Abeille Lulu, trouvé sur leur site

Je me lave en fanfare sur du Led Zeppelin, l’ambiance est enfantine. Pour l’occasion j’ai mis mon pantalon le moins troué et mon plus beau t-shirt – il y est écrit ‘Pyrénées‘ dessus avec une marmotte – et c’est parti !


Danse et harmonica sur la place des arcades

Nous retrouvons le même groupe que tout à l’heure. Il y’a un peu plus de monde au Café du commerce où nous sommes installé.e.s et des foodtrucks ont fait leur apparition. Je meurs de faim.

La soirée est gaie, nous discutons, rions, buvons beaucoup. Des histoires de vie se partagent, j’apprécie beaucoup le charme de cette soirée. Thibaut et Stéphanie nous quittent, et une fois le bar fermé, nous migrons sur une placette avec une jolie vue sur la ville et nous terminons la soirée en dansant.


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