Culture Marche à pieds

JOUR 23 – 10 juillet – Le presqu’incendie de l’Ancien Carmel

novembre 12, 2021

Compostelle GR65 / Pause à Moissac et visite de l’Abbaye

Un blanc sec pour la 8 !

Ce matin je prends le temps de m’installer seule dans un café. Il y’a encore beaucoup de notes que je n’ai pas prises. Mais il me faudrait des journées entières pour faire des choses complètes… Vingt minutes plus tard j’abandonne et je me consacre en toute discrétion à l’observation des autochtones qui composent le bar. Le gérant est grognon envers les étrangers, comprenez ‘pas de Moissac’. Par contre aucun problème pour servir un verre de blanc à 9h du matin, et avec le sourire. Quel jeu d’acteur incroyable !

Je traîne ensuite dans les rues de Moissac, pour rejoindre vers midi une bonne partie des marcheurs de la veille au même bar-restaurant, Le Florentin. Nous souhaitons tester autre chose, et optons pour un bistrot qui propose des galettes. Pas fou.


Pause, cuisine et visite de Moissac au programme

Stéphane et Nadav décident de rester à Moissac faire une pause. Ils souhaitent préparer un repas pour les amis pèlerins qui décideraient de rester. Initialement pas prévu du tout, l’idée de me faire nourrir, et de passer une soirée tranquille me motive. C’est décidé, je reste !

C’est le dernier jour sur le chemin de Thibaut et Pauline rencontrés à Lauzerte, je sens cette dernière assez triste. J’imagine la frustration de devoir s’arrêter après seulement quelques jours de marche pour des raisons d’emploi du temps.

Après les adieux, nous partons Stéphane, Paul, Nadav et moi faire les courses pour le soir. Stéphane est dans la restauration, plus exactement chef pâtissier. Peut-être parce que c’est son rayon, je le vois se transformer. Il devient très concentré et divise les taches. J’apprécie, on ne perd pas de temps. Ce qu’il y’a dans dans nos paniers me donnent très envie d’être à ce soir !


Le cloître et l’Abbaye de Moissac

Mais la journée n’est pas terminée et parce qu’ils trônent au milieu de la ville, nous partons visiter l’Abbaye et le cloître (re)connu de Moissac. Comme dans beaucoup d’endroits où nous passons sur le chemin, il existe un tarif pèlerin quand on possède le passeport adéquat, la crédenciale. L’entrée du musée se fait via la cloître, il faudra ensuite ressortir pour aller visiter l’abbaye.

Le cloître – classé au patrimoine mondial de l’UNESCO – est composé de 76 chapiteaux de style roman, il a été construit au 12ème siècle. Le rendu aujourd’hui et en tant que touriste, c’est un ensemble harmonieux et une ambiance paisible. Chaque colonne est unique et représente un personnage légendaire ou historique, sans grand étonnement souvent des scènes religieuses. Depuis le cloître et via des escaliers on peut accéder à une salle haute en briques. Là se trouve le clocher et un joli point de vue sur la ville.



L’abbaye de Moissac : chacun cherche son Chagall

Je l’avais déjà remarqué la veille, mais le tympan de l’abbaye me rappelle celui de Conques. Ici la scène représente l’apocalypse selon Saint-Jean.

L’abbaye Saint-Pierre est tout aussi impressionnante à voir de l’intérieur que de l’extérieur. L’ambiance est douce, le peu de lumière et le jeu des vitraux donneraient presque envie de se confesser. Ce bâtiment, comme le cloître avaient été vendus après la Révolution, et l’Eglise depuis plusieurs décennies, les rachètent à la ville.

Une religieuse nous indique qu’à l’intérieur d’une petite chapelle on peut apercevoir une œuvre de Chagall. Je suis avec Paul, nous cherchons, cherchons…et commençons à regarder une peinture très jolie et la décrire. Sauf que ce n’était pas la bonne, et que l’œuvre de Chagall est le vitrail juste à côté. Ce qui nous a valu un long moment de solitude.

Selon ce que j’ai compris, Chagall n’est pas forcément venu à Moissac. Le vitrail aurait été commandé en 1962 pour clôturer une petite ouverture de 52cm – c’est précis – pendant une restauration de l’abbaye. Mais de tout ça, aucune trace administrative. Peu de gens sont au courant de l’existence d’un Chagall à Moissac.

Une fois terminée la visite, nous repartons un sac dans chaque main en direction de l’Ancien Carmel. Nous en profitons pour visiter une petite chapelle et avons le droit un concert privé d’harmonica de la part de Nadav.



Le presqu’incendie de l’Ancien Carmel

Et parce qu’une pause n’en serait pas vraiment une sans sieste, je file en fin d’après-midi dans le dortoir. Encore une fois, il est moche et c’est confort minimal par rapport à l’extérieur.

Quand je rejoint la brigade du soir, le travail en cuisine est déjà bien avancé. Stéphane mène la danse et guide les pèlerins-commis volontaires. Je fais quelques apéritifs. Nous sommes dans une cuisine vétuste, mais on s’en accommode largement.

S’enchaînent pendant la fin d’après-midi et le soir quiproquo sur quiproquo entre les hospitaliers et nous : en fait on est pas dans la bonne cuisine, en fait on nous dit ça mais il fallait comprendre ça etc. Ils ont beaucoup à faire et je l’entends, mais rien n’est simple. Le pompon est attrapé quand l’alarme de la cuisine se met à sonner. Il est 20h d’accord, mais il y’a des pèlerins qui dorment et personne ne sait gérer l’alarme.

Je m’arrêterai là dans les détails ‘négatifs’ de la soirée, mais Stéphane, enjoué d’abord, fini dépité. Difficile après tous les efforts qu’il a fait et son engouement, de lui décrocher un sourire. C’est compréhensible. Nous mangeons un repas excellent, et nous décidons de sortir au même endroit que la veille. Il fait bon et je pars me coucher avec les jambes qui picotent. J’ai hâte de repartir marcher.

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