Culture Marche à pieds

JOUR 4 – 21 juin – La gazelle

juillet 1, 2020
Le Rouget – Aumont Aubrac : 19km

Je rencontre Maxime, un pèlerin qui campe. C’est la sixième fois qu’il marche vers Compostelle, il me donne l’impression que c’est sa seconde maison. Aux abords de St-Alban-sur-Limagnole, il décide de prendre un raccourci. Novice, je ne le suis pas.


Paul Eluard was here…

Je le regrette d’abord, parce que tu arrives par la zone industrielle ou hospitalière (au sens d’hôpital) de St-Alban. Le chemin fait des zig-zags et ça sent le circuit touristique plus qu’historique. Mais passées quelques centaines de mètres tu entres dans le centre. L’église a du cachet, et j’apprends que Paul Eluard a vécu là à l’hiver 1943-1944. Il a été accueilli par la ville qui à cette époque a fait beaucoup pour cacher des résistants à l’Occupation allemande.

Le château de St-Alban était une ancienne forteresse médiévale qui a longtemps appartenu à des familles de seigneurs puis bourgeoises. Racheté en 1821 par un religieux – Hicrion Tissot – il a été pendant quelques décennies transformé en un hôpital expérimental pour malades mentaux avant de devenir la propriété du département de la Lozère.

Je sors de là le nez dans les fruits des maraîchers qui crient plus qu’ils ne parlent. Mais avec l’accent du sud, ça a l’air de sonner plus juste.


Une marche douce sur le Via Agrippa

Le parcours de la journée n’est pas compliqué mais je note deux difficultés. D’abord la signalisation porte à confusion et certains symboles sont à l’envers. Souvent la direction à prendre est indiquée par le symbole de la coquille. Les différents traits qui la composent correspondent aux différents chemins, qui se rejoignent tous vers un point, Compostelle. Si ce point est à gauche, c’est donc à gauche qu’il faut aller. (Voir l’image ci-dessous)

La seconde, ce sont les sortes d’ornières qui jonchent le chemin. Pas impossible à franchir, je redoute surtout de me tordre les pieds.

Je ne croise pas beaucoup de pèlerin.e.s sur cette portion qui vont dans le même sens que moi. Uniquement un couple dont l’un est apparemment naturiste. J’espère sincèrement qu’il avait mis de la crème solaire, ça cogne aujourd’hui. Et non, je n’ai pas de photo.

Les sentiers marchés restent tranquilles mais ensoleillés jusqu’à Aumont Aubrac. Et sans le savoir je traverse la Via Agrippa, l’ancienne voie qui reliait Lyon à Toulouse il y’a des siècles.


Aumont Aubrac, entre les Monts de la Margeride et les plateaux de l’Aubrac

J’arrive dans le village par la route, et je trouve rapidement mon gîte pour la nuit. Il est encore tôt, mais j’ai la possibilité de monter poser mes affaires et prendre une douche avant l’arrivée officielle de l’hébergeant. C’est assez fréquent de pouvoir faire comme ça, et franchement merci à eux.

Le gîte pèlerin fait partie de la Ferme de l’Aubrac, qui fait à la fois hôtel, bar, restaurant. Le rapport qualité-prix est franchement intéressant et tout est presque à disposition.

Aussitôt propre, aussi dehors. Je pars visiter le village. Le soleil est plus doux et c’est agréable de marcher à travers les rues que je trouve accueillantes.


Le renard et la gazelle

En me baladant je croise Yahn aka ‘Le renard vagabond’. Une bière plus tard, il me parle de son projet : il marche sur Compostelle en emmenant ‘vos rêves au bout du monde’. Il poste quotidiennement des vidéos de ses rencontres et de ses ressentis sur le chemin. C’est une personne sensible et passionnée qui est suivie par beaucoup d’ancien.ne.s pèlerin.e.s, comme des personnes intéressées par Compostelle. Sa chaîne est par ici et je vous la conseille vivement : https://www.youtube.com/channel/UCvjA_lFfTAaU-6KVwrxy-nQ

Nous rejoignons un groupe de pèlerins, et quelle n’est pas ma surprise de reconnaître quelques têtes croisées les jours précédents ! Je découvre mon surnom donné par un pèlerin croisé un matin, avec qui j’avais principalement parlé d’aligot et de pièce de bœuf : la gazelle ! Il paraitrait que je marche plutôt vite.


Ces deux bières, ces discussions et ce repas chaud m’ont fait du bien, mais je ne suis plus habituée. Je me couche doucement enivrée et le sommeil lourd de cette jolie soirée.


Les photos dont je ne sais pas quoi faire sont par ici :

1 Comment

  • Reply
    Cayol
    août 6, 2020 at 4:26

    Mayii la gazelle…qui l’eut cru ?!!! 😉

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