Culture Marche à pieds

JOUR 5 – 22 juin – Les 100 premiers kilomètres !

juillet 26, 2020
Aumont Aubrac – Nasbilals : 26km / 29km

J’ai très (trop ?) bien dormi, mais j’ai très (trop ?) mal au pied droit. On va voir. Il grince. En général lorsque je marche, je ne sens plus rien passée la première heure.

A peine debout, je passe devant la caméra du Renard Vagabond. Je n’ai rien préparé, j’imagine que c’est comme ça qu’on garde un côté authentique. Le résultat par ici :


On arrive à la porte de l’Aubrac et de ses montagnes granitiques. Beaucoup de pèlerins évoquent l’Aubrac comme un de leur meilleur souvenir et la compare à l’Ecosse. Peut-être pour son côté plus sauvage, ses blocs rocheux qui jalonnent le paysage et ses fleurs : des gentianes et des narcisses notamment.

Plus discrètes j’ai repéré les deux plantes que je préfère : le coquelicot pour son élégance et sa fragilité ; le chardon pour sa beauté sauvage et la brutalité de ses traits.


Des vaches partout !

L’Aubrac enfin, c’est beaucoup plus de vaches que d’habitants. Les vaches de l’Aubrac ont une robe blonde, des cornes en lyre – comme l’instrument de musique – et les yeux comme maquillés de noir. Tu en croises tout le temps, et parfois le chemin te fait passer en plein milieu de leur enclos. C’est toi qui t’incrustes, mais parfois ce sont eux : un kilomètre avant l’arrivée je croise des taureaux à même le chemin, excités par la chaleur. Beaucoup de pèlerins ont eu peur, j’avoue être passée mais pas très sereine à côté d’eux.

L’autre particularité, ce sont les chemins qui sont très larges et bordés par des murets épais. On appelle ça des drailles. En hiver les bovins et ovins étaient hébergés dans un endroit type bergeries ou étables ; ils étaient ensuite avec les beaux jours emmenés dans des pâturages via ces chemins de transhumance.


Les ‘commandements’ du marcheur

Petit aparté. Sur le chemin, et c’est loin d’être terminé, on croise très souvent des messages à destination des pèlerin.e.s. Ce sont généralement des indications, mais fréquemment on retrouve comme ci-dessous les ‘commandements’ du marcheur. Ce sont en fait des règles de conduite à respecter si possible lorsqu’on arrive dans le village. Je n’arrive pas à m’empêcher de lire entre des lignes écrites sur un ton original un ras-le-bol de certains habitants concernant certains abus des pèlerins. Peut-être que je me trompe ?


Nasbinals : carrefour de randonnées

J’arrive à Nasbinals après avoir franchi la dernière montée dans la commune de Montgros. Je suis avec Boubou, un pèlerin septuagénaire rencontré dès mon arrivée au Puy. Nous nous sommes retrouvés quasiment chaque soir dans le même gîte, mais nous n’avons jamais marchés ensemble.

Quand tu marches, tu ressens rapidement en croisant ou doublant des pèlerin.e.s ceux et celles qui préfèrent marcher seul.e.s. Il ne faut jamais s’imposer ou s’en vexer, juste les laisser tranquille. Boubou je sens que ça lui fait du bien, et on échange en général sur l’étape le soir autour d’un café ou d’une bière. Nous sommes en cette fin d’après-midi entourés de nombreuses personnes, mais pas de pèlerin : ce sont majoritairement des randonneurs, car Nasbinals est au carrefour de différentes randonnées : parmi eux les chemins de Saint-Guilhem et celui d’Urbain V.

Les maisons sont en granit et en basalte, j’aime de plus en plus ce que je vois. Et l’église Sainte-Marie impressionne : son clocher est octogonal et l’ensemble est coloré, l’intérieur est agréable et frais. On sent le poids d’une histoire lointaine.


Une Grappière et au lit

Je ne suis pour une fois pas dans un gîte avec les pèlerins habituels mais avec un couple de dames et un trio de marcheurs, tous à la retraite depuis quelques années. Mais quelle forme, ils m’impressionnent !

Le gîte la Grappière est tenu et bien tenu par Marjorie depuis plusieurs années. Nous dormons dans un grand dortoir aménagé et séparé en raison du covid. J’ai oublié de prendre des photos de l’intérieur du gîte.

Je passe la soirée à alterner entre écriture et conversation avec mon hôtesse. Pas de restaurant avec les compères pèlerins ce soir, je suis mon envie de rester un peu seule.

Je dors paisiblement, entourée des ronflements auxquels je me suis déjà habituée. Je pense avoir rêvé des 100 premiers kilomètres que je viens de dépasser, et des prochains que j’ai hâte d’entamer.


Les photos dont je ne sais pas quoi faire sont par ici :

2 Comments

  • Reply
    Stephen Rule
    juin 12, 2021 at 2:34

    Greetings!
    This is my first visit to your blog! We are a group
    of volunteers and starting a new
    initiative in a community in the same
    niche. Your blog provided us beneficial information
    to work on. You have done a extraordinary job!

  • Reply
    Vaughn
    décembre 11, 2021 at 4:40

    Please create regularly due to the fact that I truly like your blog site page.
    Thanks!

Leave a Reply